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Human Rights Watch (Hrw) a publié, le
jeudi 6 octobre 2011, un long rapport sur les événements survenus en
Côte d’Ivoire. L’organisation de défense des droits humains épingle, en
matière de crimes commis, les deux camps qui se sont affrontés en Côte
d’Ivoire. Hrw accuse notamment les nouvelles autorités ivoiriennes, de
ne sanctionner qu’un seul camp.



Selon Human Rights Watch (Hrw), "depuis sa prise de contrôle du pays,
les premières mesures adoptées par Alassane Ouattara pour lutter contre
l'impunité ont été, dans le meilleur des cas, inégales’’. Près de six
mois après la chute de Laurent Gbagbo qui annonçait la fin prochaine des
combats entre les forces fidèles au président déchu et celles
d'Alassane Ouattara, le nouveau pouvoir est accusé de renier ses
promesses en matière de justice contre les personnes de son propre camp
soupçonnées d'avoir commis des massacres. Selon, un rapport publié jeudi
6 octobre, l'organisation de défense des droits de l'homme, Human
Rights Watch (Hrw), "depuis sa prise de contrôle du pays, les premières
mesures adoptées par Alassane Ouattara pour lutter contre l'impunité ont
été, dans le meilleur des cas, inégales. Malgré les promesses répétées
du gouvernement de tenir responsables tous ceux qui ont commis des
crimes graves durant le conflit, la réalité est celle d'une justice des
vainqueurs - aucun membre des Forces républicaines n'avait été inculpé
au moment de la rédaction de ce rapport".



"Ils les ont tués comme si de rien n'était"

Ce dossier intitulé "Ils les ont tués comme si de rien n'était" revient
sur les cinq mois de guerre civile consécutifs à la décision de Laurent
Gbagbo de ne pas reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre
2010. Pour les auteurs, "l'obsession de Laurent Gbagbo de se maintenir
au pouvoir a sans doute été à l'origine du dernier conflit armé" qui a
tué au moins 3 000 personnes et contraints des centaines de milliers
d'autres à fuir leurs habitations. Mais, soulignent-ils, "lorsque les
combats se sont arrêtés à la mi-mai, les Forces républicaines d'Alassane
Ouattara (les FRCI) avaient commis des atrocités qui tombaient
également sous le coup des crimes les plus graves sanctionnés par le
droit pénal international." "Des officiers supérieurs des deux camps
sont impliqués dans des crimes de guerre et probablement des crimes
contre l'humanité. Dans certains cas, les exactions auxquelles ils ont
pris part ou qu'ils ont supervisés ont atteint un summum de perversité".
Les tueries décrites dans le rapport, y compris celles commises par les
Frci "à partir du mois de mars" ont déjà été documentées dans de
précédents rapports de Hrw ainsi que par d'autres Ong (notamment Amnesty
international ou la Fédération internationale des ligues des droits de
l'homme (Fidh)) et une enquête de la commission des droits de l'homme de
l'Onu. En autorisant, le 3 octobre, le procureur de la Cour pénale
internationale (Cpi) à enquêter en Côte d'Ivoire, les juges du tribunal
de la Haye avaient également estimé qu'il y a "une base raisonnable de
croire que les forces pro-Ouattara ont mené des attaques contre la
population civile (…) Les documents montrent que (…) les attaques
étaient dirigées contre des communautés ethniques spécifiques ".



Partialité des autorités judiciaires

Mais ce que le rapport de HRW pointe du doigt, c'est la passivité des
nouvelles autorités "alors que le président Ouattara et le ministre de
la justice Jeannot Kouadio Ahoussou ont toujours promis que tous les
crimes seraient punis". "Jusqu'à présent, force est de constater que les
autorités judiciaires nationales ne se sont pas montrées impartiales.
Des procureurs militaires et civils ont inculpé au moins 118 partisans
de Laurent Gbagbo (mais) aucun membre des Forces républicaines n'a été
arrêté pour des crimes commis durant le conflit ". Pire, selon les
rapporteurs, " les premiers signes sont extrêmement négatifs, Alassane
Ouattara ayant promu le 3 août plusieurs commandants fortement
soupçonnés d'être les auteurs de violations graves du droit
international, notamment Martin Fofié, qui figure depuis 2006 sur la
liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour avoir
commandé des troupes impliquées dans des exécutions sommaires et engagé
des enfants soldats".



"Cycles de violence"

Outre Martin Fofié, Hrw cite également, dans le camp Ouattara, les noms
du capitaine Eddie Médi et son supérieur le commandant Fofana Losséni,
ainsi que deux poids lourds des anciennes Forces armées des forces
nouvelles (Fafn) qui menèrent la première rébellion anti-Gbagbo au début
des années 2000, Chérif Ousmane (promu le 3 août commandant en second
du Groupe de sécurité de la présidence) et Ousmane Coulibaly. Tous les
quatre "étant, selon HRW, responsables - soit au titre de leur
participation directe, soit au titre de leur responsabilité de
commandement - de certains crimes graves". "Certains commandants des
FRCI mis en cause aujourd'hui sont également soupçonnés d'avoir commis
des atrocités en 2002-2003, durant la première rébellion", souligne Matt
Wells de HRW. Certes, le chef de l'Etat est dans une situation
politique délicate. Il est redevable aux commandants de zone des ex-FAFN
d'avoir pu chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et son contrôle sur les
FRCI est sans doute limité. Mais le rapport conclut sur un avertissement
: "il est grand temps qu'Alassane Ouattara se montre à la hauteur de
ses discours sur une justice impartiale (sinon) la Côte d'Ivoire risque
d'être incapable de mettre un terme aux cycles de violence, ce qui
serait de mauvais augure pour le respect de l'Etat de droit et la
stabilité du pays".



Source : lemonde.fr le 07 Octobre 2011

www.encoreplustv.com


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